Sweet dreams (are made of this)


L?année 2021 fut une année riche en éditions, productions et expositions.
Elle nous permit de poursuivre notre ambition de faire de la galerie un espace de réflexion.
La meilleure façon de nourrir cette réflexion qui s?étend tout au long d?une année de programmation et au-delà, est de faire se succéder des expositions aux enjeux, aux préoccupations et aux univers différents. Les ?uvres d?art sont des pensées, et chaque exposition pose les termes et les limites de sa réflexivité.
De Jonathan Monk à Flora Moscovici en passant par Gaëlle Choisne, Fabrice Hyber, Damir Ocko, chacune des expositions nous a permis de repenser notre relation (affective et mentale) à l?art et, partant, au monde. La succession de ces expositions a maintenu nos sens et nos pensées en alerte. Les enjeux et les univers différents, s?appellent, s?opposent ou se complètent. Dans tous les cas, ils élargissent notre perception de l'art, et notre conception du monde.
Rassembler au sein d?une même exposition des ?uvres issues des expositions personnelles de cette année est une façon de créer les conditions d?une pensée différente de chacun et chacune des artistes, mais nourrie par chacun/chacune d?eux/d?elles.
 
Réunir des ?uvres sans la direction et la justification d?une thématique est un exercice risqué, pour qui a peur de l?absence de sens.
Le pari ici est que le(s) thème(s) naissent des ?uvres elle-mêmes.
 
Nous ne voulions pas que cette exposition de fin d?année se nourrisse seulement de nos expositions passées. C?est pourquoi nous avons aussi sélectionné des ?uvres d?expositions à venir, de Mara Fortunatovic, de Rafaela Lopez et de ORLAN. Une façon de se préserver de la nostalgie peut-être. Surtout, l?assurance qu?une pensée se nourrit de ce qu?elle sait mais aussi de ce qu?elle attend.
 
C?est après avoir accroché l?exposition que nous avons compris qu?elle fonctionnait comme un rêve. Les visions, les associations d?idées, les interprétations se font et se défont au fil des points de vue adoptés successivement. Surtout, l'exposition est le résultat d?une association d??uvres qui reste à être interprétée (ou pas?) selon un schéma qu?aucune intention ne semble définir, où toute conscience déterminante semble illusoire. Les rêves sont ainsi faits. D?images, de sons, d??uvres que la puissance d'expression rend autonomes, mais qui tirent leur force d?évocation de leur réunion.
Les beaux rêves sont faits de ça.